La Ministre du Commerce et de l’Industrie, Fatima Camara, a animé ce lundi un point de presse dans la salle de conférence du Ministère. Cette rencontre avec les médias était consacrée à la régulation des prix des denrées de première nécessité et à la protection du pouvoir d’achat des ménages.
Face à un contexte international marqué par l’instabilité des cours mondiaux, la hausse des coûts logistiques, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les fluctuations monétaires, la Ministre a rappelé la détermination du Gouvernement à agir avec responsabilité :
« L’État ne peut pas regarder le panier de la ménagère se dégrader sans agir. Notre responsabilité est d’anticiper, de réguler et de protéger avec méthode. »
Un protocole issu d’un travail concerté
Le protocole signé ce jour est le fruit d’un travail approfondi entre les services techniques de l’État et les acteurs du secteur privé. La Direction Nationale du Commerce (DNC) a procédé à l’analyse des structures de charges, la Chambre de Commerce a porté la voix des opérateurs, tandis que l’Administration des Douanes a apporté les paramètres techniques nécessaires à un atterrissage équilibré.
L’objectif est clair :
Garantir la disponibilité des denrées ;
Fixer des prix plafonds compréhensibles ;
Assurer un prix au détail maîtrisé, celui effectivement payé par les citoyens.
« Ce qui compte, ce n’est pas le chiffre sur un papier, c’est le prix affiché sur les étals. C’est la réalité vécue par les familles », a insisté la Ministre.
Des baisses concrètes sur certains produits

Deux produits majeurs enregistrent une baisse significative à Conakry :
Riz blanc (sac de 50 kg) : de 270 000 GNF à 260 000 GNF
Oignon (sac de 25 kg) : de 290 000 GNF à 270 000 GNF
Ces ajustements sont immédiatement perceptibles pour les ménages et ont été obtenus sans compromettre l’approvisionnement du marché.
Stabilité sur les produits sensibles
Pour les produits les plus sensibles au budget des ménages, le choix de la stabilité a été privilégié :
Riz étuvé (50 kg) : 280 000 GNF
Sucre (50 kg) : 350 000 GNF
Huile (20 litres) : 305 000 GNF
Farine (50 kg) : 360 000 GNF
Selon la Ministre, maintenir ces prix dans le contexte actuel constitue un effort partagé entre l’État et les opérateurs économiques.
Ajustement mesuré sur la volaille
Concernant la volaille, des ajustements ont été consentis en raison des coûts réels liés notamment au transport frigorifique et à la chaîne du froid :
Poulet entier (carton de 10 kg) : 310 000 GNF (contre 295 000 GNF)
Cuisse de poulet (carton de 10 kg) : 220 000 GNF (contre 215 000 GNF)
Ces hausses restent contenues afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement ou flambée incontrôlée des prix.
Encadrement renforcé au détail
Le protocole introduit également l’encadrement de formats très demandés au détail :
Riz étuvé (25 kg) : 380 000 GNF
Lait en poudre (25 kg) : 980 000 GNF
« Lorsqu’un produit est fortement consommé, il doit être clairement encadré, sinon il devient la porte ouverte aux abus », a souligné la Ministre.
Engagement de l’État et contrôle renforcé
L’État s’engage à :
Faciliter le dédouement des denrées concernées ;
Maintenir des paramètres de référence limitant les surcoûts ;
Renforcer les contrôles sur les marchés, entrepôts et circuits de distribution, à Conakry comme à l’intérieur du pays ;
Intensifier la sensibilisation et la discipline professionnelle.
« Ce n’est pas un protocole d’affichage, c’est un protocole d’exécution », a martelé la Ministre.
Appel à la responsabilité collective
Aux opérateurs économiques, la Ministre a rappelé que la stabilité du marché est également dans leur intérêt et a insisté sur le respect strict des prix plafonds, notamment au détail. Aucune tolérance ne sera accordée à la spéculation, à la rétention de stocks ou à la manipulation d’étiquettes.
Aux consommateurs, elle a lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité, les invitant à signaler tout abus via le numéro vert 142.
« La protection du pouvoir d’achat est une responsabilité collective. Mais l’autorité publique assumera les sanctions lorsque cela sera nécessaire », a conclu Fatima Camara.
Taire Balde pour opinion224.com








