
Dans un univers musical où la réussite est souvent associée aux concerts, aux millions de vues et à la popularité médiatique, Saran Cissoko défend une autre vision de la carrière artistique : celle de la structuration, de la transparence et de la protection des droits des créateurs.
Consultante en direction artistique, spécialiste de la gestion des droits et des revenus des artistes, et présentée comme PDG de Kumbati, Saran Cissoko s’impose progressivement comme une figure engagée dans la transformation de l’industrie musicale africaine. Son parcours l’a conduite à évoluer dans l’environnement de grands acteurs du secteur, notamment Def Jam Afrique, Universal France, Syllart Records et d’autres structures internationales.
Une professionnelle au service des artistes
Le combat de Saran Cissoko repose sur un constat majeur : de nombreux artistes africains rencontrent des difficultés à transformer leur succès en une véritable stabilité financière.
Pour elle, une carrière musicale ne doit pas seulement dépendre des cachets de spectacles. Les droits d’auteur, les droits voisins, l’exploitation des œuvres, les licences, les revenus du numérique et la distribution musicale représentent des sources importantes de revenus qui doivent être mieux comprises et mieux protégées.
Son approche vise ainsi à encourager une meilleure organisation du secteur culturel afin que les artistes puissent vivre durablement de leur création.
Pour une gestion transparente des revenus artistiques
Ces dernières semaines, ses prises de parole ont particulièrement retenu l’attention dans le débat sur la précarité de certains artistes africains après plusieurs années de succès.
À travers l’exemple de grandes figures de la musique, notamment l’affaire concernant la diva Maciré Sylla, Saran Cissoko rappelle l’importance de connaître précisément ce que les œuvres musicales génèrent, qui les exploite et comment les revenus sont redistribués.
Son engagement ne se limite pas à demander un soutien aux artistes en difficulté. Elle défend plutôt la mise en place de mécanismes solides permettant aux créateurs de sécuriser leurs revenus pendant leur carrière et après celle-ci.
De la création à l’internationalisation des projets culturels
Saran Cissoko intervient également dans l’accompagnement des artistes et le développement des projets culturels africains sur la scène internationale.
Son expertise se situe au croisement de plusieurs domaines : direction artistique, stratégie de carrière, production musicale, accompagnement des talents et gestion des droits.
Une vision qui répond aux profondes mutations du secteur musical africain, marqué par l’évolution numérique, les plateformes de streaming et l’ouverture de nouveaux marchés internationaux.
Kumbati, un instrument au service de cette vision
À travers Kumbati, Saran Cissoko participe également directement à la création et à la valorisation de projets musicaux.
Le titre « Tonton Khafé » de Sayon Camara, sorti en 2026 sous le label Kumbati Records, illustre cette implication. Saran Cissoko y est créditée dans l’arrangement et la production, démontrant qu’elle ne se limite pas au conseil mais contribue concrètement à la fabrication des œuvres.
Une voix qui veut changer les règles du jeu
À travers son parcours et ses prises de position, Saran Cissoko porte un message clair : le succès d’un artiste doit pouvoir se traduire par une véritable sécurité économique.
Dans une industrie où certains créateurs rencontrent encore des difficultés à maîtriser les revenus générés par leurs œuvres, elle milite pour davantage de traçabilité, de professionnalisation et de responsabilité.
Son ambition dépasse ainsi la réussite personnelle. Elle participe à une réflexion plus large sur l’avenir de la musique africaine : comment faire en sorte que les œuvres créées aujourd’hui continuent à bénéficier à leurs auteurs demain ?
C’est certainement ce qui fait la singularité de Saran Cissoko : faire de la musique non seulement un espace d’expression culturelle, mais aussi un véritable secteur économique où les artistes connaissent, défendent et sécurisent leurs droits.
Souleymane Diarra









