
En hommage à son père, le regretté artiste Kerfala Kanté, affectueusement surnommé « L’Oiseau de Sankaran », le jeune artiste Kémo Kanté annonce la première édition de l’événement culturel « L’Oiseau de Sankaran », prévue le 6 novembre 2026 au Palais du Peuple de Conakry.
Cette initiative vise à célébrer la mémoire, le parcours et l’immense héritage musical de celui qui a marqué l’histoire de la musique guinéenne. À cette occasion, plusieurs grandes figures du monde culturel et artistique ont exprimé leur soutien à Kémo Kanté, lors d’une rencontre avec la presse organisée à Conakry.
Visiblement ému par la mobilisation de ses aînés, le jeune artiste a exprimé sa reconnaissance envers toutes les personnalités présentes. Pour lui, leur accompagnement constitue déjà une marque de confiance et de solidarité.
« Je n’ai pas beaucoup de mots à dire ce soir. Plusieurs papas sont présents et sont mieux placés que moi pour parler de mon père et de son héritage. Je suis simplement heureux de voir toutes ces personnalités à mes côtés. Leur présence représente le plus grand soutien que je pouvais espérer », a-t-il déclaré.
Kémo Kanté a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour assurer la réussite de cette initiative, tout en saluant le soutien des autorités guinéennes.
Yakhoumba Sékou souligne le talent et le potentiel de Kémo Kanté
Prenant la parole, le guitariste et musicien Yakhoumba Sékou est revenu sur les premières manifestations du talent de Kémo Kanté. Il a notamment évoqué ses capacités d’interprétation des œuvres de son père, qui lui ont permis de nourrir de grands espoirs quant à son avenir artistique.
Toutefois, le musicien a rappelé que le talent, à lui seul, ne suffit pas pour construire une carrière durable. Les artistes guinéens ont besoin d’un accompagnement professionnel, de moyens de production et de véritables stratégies de promotion.
Il a ainsi invité Kémo Kanté à persévérer dans le travail, à faire preuve de courage et à poursuivre son ambition de faire rayonner la musique guinéenne au-delà des frontières nationales.
Moussa Moïse Djoubaté évoque ses souvenirs avec Kerfala Kanté

De son côté, Moussa Moïse Djoubaté a livré un témoignage chargé d’émotion sur le parcours et la personnalité de Kerfala Kanté, avec lequel il a partagé plusieurs moments.
Évoquant notamment la sortie de l’album « Téléphone », en 2001, il est revenu sur une période particulièrement douloureuse de sa vie, marquée par la maladie et le décès de son père, survenus quelques jours avant cet événement.
Il a expliqué combien cette épreuve avait renforcé son attachement à la chanson « Papa est mort », une œuvre qui continue de raviver en lui de profonds souvenirs.
Il a également rappelé les déplacements effectués avec Kerfala Kanté, notamment à Bamako, où il avait pu mesurer l’admiration que le public mandingue portait à l’artiste.
À la fin de son intervention, il a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire de cette grande figure de la musique guinéenne.
Mohamed Max appelle à l’unité autour de la culture guinéenne
Dans son intervention, Mohamed Max a mis l’accent sur l’importance de la solidarité entre les acteurs culturels. Il a estimé que les divisions ne devraient pas empêcher les artistes de se soutenir mutuellement.
Il a particulièrement salué la mobilisation des grandes figures culturelles autour de Kémo Kanté, considérant cette démarche comme un signe de reconnaissance envers le talent du jeune artiste et l’héritage laissé par son père.
Il s’est également montré optimiste quant à la participation du public au rendez-vous du 6 novembre au Palais du Peuple.
La directrice de l’AGS invite le public à soutenir la relève
La directrice de l’Agence guinéenne de spectacles (AGS) a, pour sa part, salué cette initiative qui s’inscrit dans une dynamique de valorisation de la culture nationale et de transmission entre générations.
Particulièrement touchée par la ressemblance vocale entre Kémo Kanté et son père, elle a souligné l’importance d’accompagner les jeunes talents issus de grandes familles artistiques.
Elle a ainsi invité les mélomanes et l’ensemble du public guinéen à se mobiliser massivement pour cette première édition, afin de rendre hommage à Kerfala Kanté et d’encourager son fils dans la poursuite de son parcours musical.
Sékouba Kandia Kouyaté : « Kémo est une fierté pour nous »
Figure emblématique de la musique guinéenne, Sékouba Kandia Kouyaté a également apporté son témoignage, saluant le talent de Kémo Kanté et l’héritage exceptionnel de son père.
Revenant sur la personnalité artistique de Kerfala Kanté, il a rappelé la singularité de sa voix et la place qu’il occupe encore dans le cœur des mélomanes.
S’appuyant sur sa propre expérience, il a toutefois conseillé à Kémo Kanté de ne pas se limiter à l’imitation de son père, mais de construire progressivement sa propre identité musicale.
Selon lui, préserver un héritage artistique ne signifie pas renoncer à sa personnalité. Le jeune artiste doit ainsi valoriser ce qu’il a reçu de son père tout en développant un style qui lui permettra de s’affirmer dans l’univers musical guinéen.
Il a conclu son intervention en exprimant sa fierté et en formulant des prières pour la réussite de Kémo Kanté.
Alpha Traoré plaide pour un accompagnement institutionnel
Intervenant au nom de GMS, Alpha Traoré a inscrit cette initiative dans une logique de continuité et de transmission entre les générations.
Il a rappelé que la mémoire des grandes figures culturelles constitue un patrimoine qu’il convient de préserver et de valoriser.
Évoquant le parcours de Kerfala Kanté, il a salué son attachement à la tradition et sa contribution au rayonnement de la culture guinéenne.
Il a également souligné le parcours académique et universitaire de Kémo Kanté avant son engagement plus prononcé dans la musique.
Pour terminer, Alpha Traoré a invité les autorités guinéennes à accompagner cette initiative et encouragé les médias à jouer pleinement leur rôle dans la promotion de cet événement.
Rendez-vous le 6 novembre au Palais du Peuple
Avec cette première édition de « L’Oiseau de Sankaran », Kémo Kanté ambitionne de rendre un hommage à la hauteur du parcours de son père, tout en contribuant à la préservation de son patrimoine musical.
La mobilisation de plusieurs personnalités reconnues de la culture guinéenne autour de ce projet témoigne de l’intérêt accordé à la transmission de cet héritage artistique.
Le rendez-vous est donc fixé au 6 novembre 2026 au Palais du Peuple de Conakry pour une célébration placée sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la continuité musicale.
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