
Le processus de sélection des futurs administrateurs territoriaux franchit une nouvelle étape en Guinée. Devant des candidats venus de l’ensemble des préfectures du pays, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a donné le coup d’envoi de l’épreuve écrite du concours, prévue pour une durée de trois heures.
Avant le démarrage des compositions, la ministre a donné des instructions fermes concernant le respect strict des règles de régularité et de transparence, afin de garantir le bon déroulement des épreuves.
Ce processus inédit, exclusivement réservé aux cadres et fonctionnaires du ministère de l’Administration du territoire, a été précédé d’une sélection rigoureuse sur étude des dossiers de candidature.
Les chiffres révèlent une sélection particulièrement restrictive. Pour les postes de préfets, sur plus de 700 candidatures enregistrées, seulement 90 personnes ont été retenues pour participer à l’épreuve écrite. Quant aux postes de gouverneurs, sur les 28 dossiers déposés, seuls deux candidats ont été déclarés admissibles.
Djenabou Touré : « Offrir la même chance à tous les cadres »
À la sortie de la salle d’examen, la ministre Djenabou Touré a apporté des précisions sur les motivations et les objectifs de cette réforme, inscrite dans la feuille de route gouvernementale, notamment en matière de développement local et de gouvernance participative.
Selon elle, la réussite du développement territorial repose avant tout sur la valorisation du capital humain et la qualification des responsables chargés de représenter l’État dans les différentes circonscriptions administratives.
« Dans la lettre de mission qui m’a été confiée par le Premier ministre, figurent au premier rang le développement local et la gouvernance participative. Or, ce développement repose sur le capital humain. Les préfets et les gouverneurs sont les représentants directs du chef de l’État et de l’ensemble des départements sectoriels dans leurs localités », a-t-elle expliqué.
Poursuivant son intervention, elle a insisté sur la nécessité pour les administrateurs territoriaux de maîtriser les différentes politiques publiques afin d’assurer une meilleure coordination de l’action gouvernementale à la base.
La ministre a également souligné que ce concours entend donner les mêmes opportunités à tous les cadres éligibles, aussi bien ceux évoluant dans l’administration centrale que ceux exerçant à l’intérieur du pays, sans distinction liée aux relations personnelles ou au parrainage.
« L’objectif de ce concours est d’offrir la chance de candidater à tous les cadres, au niveau central comme à l’intérieur du pays, qui n’ont pas forcément de parrainage ou de contacts particuliers. Il s’agit de qualifier le commandement territorial », a-t-elle précisé.
La nomination des préfets et gouverneurs relève du président de la République
Sur la question de la désignation définitive des futurs préfets et gouverneurs, Djenabou Touré a tenu à clarifier les responsabilités institutionnelles dans le processus.
Elle a rappelé que le pouvoir de nomination ne relève pas de la ministre, mais du président de la République, qui exerce cette prérogative sur proposition du ministère compétent.
« Ce n’est pas la ministre qui nomme. La nomination aux postes de préfet et de gouverneur relève du pouvoir discrétionnaire de Son Excellence Monsieur le Président de la République, sur proposition du ministère », a-t-elle déclaré.
Elle a enfin indiqué que le rôle de son département consiste à proposer au chef de l’État des profils hautement qualifiés, capables de traduire sa vision en actions concrètes sur le terrain, notamment dans le cadre du programme Simandou 2040.
À travers cette initiative, le ministère entend renforcer la qualification du commandement territorial et promouvoir une administration davantage fondée sur les compétences, l’expérience et la capacité à conduire les politiques publiques au niveau local.
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