
À l’issue de l’organisation de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, nous, plateforme de Paix et Conscience Citoyenne (PCC) et M18, membres de la société civile guinéenne, saluons le bon déroulement du scrutin présidentiel organisé en République de Guinée, jugé globalement satisfaisant, libre, crédible et transparent.
De surcroît, nous continuons à observer attentivement l’évolution de ce processus électoral crucial jusqu’à la proclamation officielle des résultats par la Cour suprême, seule institution légitime habilitée à statuer de manière irrévocable sur la nature du scrutin, tout en prenant en considération les préoccupations et les attentes des deux plateformes impliquées dans cette consultation électorale.

L’élection présidentielle qui, selon les premiers résultats publiés par la Direction Générale des Élections, désigne déjà un vainqueur, marque un moment décisif permettant à notre pays d’ouvrir une nouvelle page de son histoire, empreinte d’espoir et d’aspirations nouvelles. Ce scrutin, ayant mobilisé l’attention de millions de citoyens guinéens, représente bien plus qu’un simple exercice démocratique ; il incarne également une occasion unique de renforcer notre union nationale et de consolider les fondements de notre démocratie.
Pour cette occasion mémorable, nous invitons non seulement l’ensemble du peuple guinéen, mais également les candidats ayant pris part à cette élection, à exprimer des messages de paix, d’unité et de cohésion sociale. Ces messages revêtent une importance capitale, particulièrement en cette période délicate où les tensions politiques peuvent aisément s’exacerber. La construction d’une société harmonieuse et respectueuse des diversités est essentielle au bien-être de notre cher pays, car elle nous permettra de surmonter les défis à venir et de bâtir ensemble un avenir prospère..
Nous sollicitons humblement les candidats de bien vouloir éviter tout discours d’incitations à la violence, de révolte ou de désobéissance, des pratiques que nos deux organisations, profondément engagées en faveur d’une société pacifique, s’indignent et que nous nous engageons à porter devant les cours de juridictions compétentes si de tels propos venaient à se matérialiser. En effet, il est essentiel que le discours politique reste respectueux et constructif, afin de promouvoir un dialogue sain et bénéfique pour l’ensemble de la communauté.
Nos organisations constatent avec inquiétude certaines déclarations récentes d’un candidat, qui apparaissent précipitées et disproportionnées par rapport à la situation actuelle. Nous jugeons essentiel de privilégier des échanges fondés sur des valeurs de respect, d’unité et de dialogue constructif, et nous encourageons les candidats à promouvoir des discours qui inspirent et rassemblent plutôt que de diviser et inciter à des comportements destructeurs.
Nous tenons à rappeler avec insistance que l’article 19 de la Constitution guinéenne constitue un pilier essentiel pour le bon fonctionnement de notre société démocratique, car il garantit à tous les citoyens, sans distinction, le droit fondamental à la liberté d’expression. Cependant, cette liberté ne doit pas être considérée comme un blanc-seing pour exprimer des opinions ou des idées sans prendre en compte les conséquences potentielles. En effet, il est impératif d’éviter de proférer des propos irréversibles, souvent accompagnés de justifications infondées ou erronées, qui non seulement nuisent au dialogue constructif, mais favorisent également, de manière alarmante, la propagation de la désinformation ainsi que des discours de haine susceptibles de saper les valeurs essentielles de notre cohésion sociale.
Dans ce contexte, il apparaît d’une importance capitale de veiller à ce que le cadre dans lequel se déroulent les élections demeure paisible et harmonieux, afin d’assurer un processus électoral juste et transparent. Tout comportement ou déclaration qui irait à l’encontre de cet objectif pourrait compromettre gravement la quiétude citoyenne. Une telle situation serait susceptible de favoriser la désinformation, ce qui nuirait à la confiance des électeurs et mettrait en péril la crédibilité du processus électoral tout entier, remettant en question les choix des citoyens et la légitimité des résultats.
En outre, les acteurs impliqués dans ce processus doivent agir avec responsabilité et vigilance pour éviter les dérives qui pourraient menacer la paix sociale, car il est essentiel que chaque voix soit entendue dans le respect des valeurs démocratiques.
Dr Alseny Diallo, coordinateur de la plateforme Paix et Conscience Citoyenne (PCC).









