Quels sont, selon vous, les principaux défis qui attendent le président Mamadi Doumbouya dans ce nouveau mandat ?
Rokia Kaba :
Les défis sont immenses et multidimensionnels. Le premier est sans doute la consolidation des institutions républicaines afin qu’elles soient fortes, crédibles et au service exclusif des citoyens. La Guinée a besoin d’un État de droit effectif, où la justice est indépendante et où la gouvernance repose sur la transparence et la redevabilité.
Ensuite, il y a l’enjeu socio-économique. Les attentes de la population sont élevées, notamment en matière d’emploi des jeunes, d’accès à l’éducation, à la santé et à des infrastructures de base dignes. Enfin, la réconciliation nationale demeure un chantier fondamental. Il faudra continuer à panser les blessures du passé, favoriser le dialogue et garantir que chaque Guinéen, quelle que soit son origine ou son appartenance politique, se sente pleinement inclus dans le projet national.
Quel rôle la société civile, et particulièrement les femmes, peuvent-elles jouer dans cette phase de reconstruction nationale ?
Rokia Kaba :

La société civile est un pilier incontournable de toute démocratie vivante. Elle doit rester vigilante, force de proposition et partenaire responsable des pouvoirs publics. Quant aux femmes, leur rôle est central. Elles sont les premières actrices de la cohésion sociale, de la paix et du développement communautaire.
Au sein du Réseau des Femmes de Guinée pour un Développement Intérieur, nous plaidons pour une participation accrue des femmes aux instances de décision. Une reconstruction durable ne peut se faire sans leur pleine implication. Les femmes guinéennes ont des compétences, une résilience et une vision qui doivent être mises au service de la nation.
Le président élu a appelé à l’unité et au dépassement des clivages. Pensez-vous que cet appel sera entendu ?
Rokia Kaba :
Je veux y croire sincèrement. L’histoire récente nous a appris que la division nous affaiblit collectivement. L’appel du président est une main tendue. Il appartient désormais à tous les acteurs politiques, sociaux et économiques de faire preuve de responsabilité et de maturité. La paix et le développement ne sont pas l’affaire d’un seul homme, mais d’un engagement collectif.
Quel message adressez-vous aujourd’hui aux Guinéens ?
Rokia Kaba :
Je leur dirais de garder espoir, mais aussi de rester engagés. La validation de cette élection ouvre une nouvelle page, mais c’est à chacun de nous d’en écrire les lignes avec civisme, patience et solidarité. La Guinée a toutes les ressources humaines et naturelles pour réussir. Ensemble, dans le respect et le dialogue, nous pouvons bâtir un avenir stable et prospère pour les générations futures
Tairé Balde









