
Les récentes élections en Guinée resteront, à bien des égards, particulières et historiques. Elles se sont déroulées dans un climat globalement apaisé, sans violences majeures, sans conflits ethniques, et surtout sans les tensions extrêmes que notre pays a longtemps connues lors des périodes électorales.
Un fait mérite d’être souligné avec force : l’axe réputé autrefois très virulent, très chaud et souvent théâtre de violences avant, pendant et après les élections, est resté calme. Cet apaisement n’est ni anodin ni le fruit du hasard. Il est avant tout le résultat du sens élevé de responsabilité, de maturité et d’intelligence du peuple guinéen.
Les Guinéennes et les Guinéens ont démontré qu’ils savent faire passer l’intérêt supérieur de la nation avant les divisions, les provocations et les manipulations. Ils ont choisi la paix plutôt que la violence, le civisme plutôt que la confrontation, la conscience citoyenne plutôt que le chaos.
👉 C’est une victoire collective, celle du peuple.
À ce titre, il est juste et nécessaire de féliciter les citoyens guinéens, toutes générations confondues, pour cette attitude exemplaire. Ils ont prouvé que la Guinée peut organiser des élections sans sombrer dans la peur, la haine ou les conflits.
Mais cette maturité populaire crée désormais une responsabilité encore plus grande pour l’État.
Car si le peuple a tenu son rôle avec dignité, l’État doit à son tour tenir sa parole. Les promesses faites ne doivent pas rester des slogans de campagne. Elles doivent se traduire par des actes concrets, visibles et durables.
La population attend des réponses claires :
amélioration des conditions de vie,
justice sociale,
emploi pour la jeunesse,
accès aux services essentiels,
gouvernance responsable et équitable…
La stabilité observée lors de ces élections ne doit pas être exploitée comme un acquis définitif, mais préservée, consolidée et respectée. Elle impose aux dirigeants une obligation morale et politique : respecter les engagements pris et répondre aux attentes légitimes du peuple.
La Guinée a montré qu’elle pouvait être mûre.
Il appartient désormais à l’État de prouver qu’il peut être à la hauteur de cette maturité.
Souleymane Diallo
Membre de Urgence Humanité Guinée (Action Contre la Faim et L’abandon scolaire)









