La CRIEF a fermement réagi au communiqué de l’entreprise AGB2A-GIC et décidé de maintenir Ahmed Tidiane Kanté en garde à vue. À travers un communiqué, le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a directement répondu aux contestations de la société AGB2A-GIC concernant l’arrestation de son administrateur général.
Le parquet affirme que la procédure est strictement légale et indispensable pour préserver les preuves et garantir le bon déroulement des investigations.
Dans son communiqué, le parquet a rappél les chefs d’accusation visés : Ahmed Tidiane Kanté fait actuellement l’objet d’une enquête préliminaire pour plusieurs infractions présumées graves :
Évasion fiscale et blanchiment de capitaux
Corruption et infractions assimilées
Abus de biens sociaux et prise illégale d’intérêts
Faux et usage de faux
L’affaire gravite autour de deux structures clés : Guinean Brain Touch (GBT), société minière titulaire d’un permis sur le site de Tamita, et AGB2A-GIC, qui exploite ce permis via un contrat d’amodiation. Pour rappel, l’actionnariat de GBT se compose de Soriba Camara (35 %), Almamy David Sylla (30 %), Ibrahima Sory Touré (20 %) et la SOGUIPAMI (15 %).
Il faut faire remarquer que le parquet spécial appuie ses soupçons sur quatre anomalies majeures détectées lors des premières investigations :
Asymétrie des flux financiers : Alors que les royalties de GBT proviendraient principalement de SD Mining, aucun versement significatif de la part de GIC n’a été constaté par la justice.
Mouvements bancaires suspects : Les enquêteurs pointent du doigt une forte circulation de liquidités, marquée par d’importants dépôts et retraits en espèces insuffisamment justifiés.
Le cas du compte d’Almamy David Sylla : Plus de 90 % des fonds reçus sur son compte auraient été retirés par des tiers non identifiables. De plus, le premier versement sur ce compte proviendrait directement d’Ahmed Tidiane Kanté.
Soupçon de prête-nom : Le parquet soupçonne Almamy David Sylla d’agir comme un prête-nom pour le compte d’Ahmed Tidiane Kanté, qui serait le véritable bénéficiaire caché d’une partie des actions de GBT.
Les flux financiers mis en cause s’élèvent à plusieurs milliards de francs guinéens :
Plus de 16,7 milliards GNF de crédits enregistrés.
Plus de 16,3 milliards GNF de débits constatés.
De nombreux virements vers des sociétés liées, à l’image de Camen Ressources.
Au-delà des frontières guinéennes, le parquet évoque un présumé montage juridico-financier international. Des transferts de fonds suspects auraient été dirigés vers des structures basées à Chypre, sous couvert de contrats de prestations ou d’assistance technique. Selon l’accusation, ce système s’apparente à une stratégie d’optimisation fiscale agressive au détriment du Trésor public guinéen.









