
– La 8e édition du Festival Lassiry Hip-Hop a été officiellement lancée ce vendredi 16 octobre 2026 au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), à Conakry. Initié par Guinée Challenge, ce rendez-vous dédié aux cultures urbaines entend franchir une nouvelle étape en renforçant les échanges artistiques et professionnels entre la Guinée et la France.
Prenant la parole lors de cette cérémonie de lancement, Aïssatou M’Baye Fall a exprimé sa reconnaissance envers les acteurs culturels et les partenaires qui accompagnent le festival depuis ses débuts. Elle a également souligné l’ambition de cette nouvelle édition, présentée comme une étape importante dans le développement et l’ouverture internationale du hip-hop guinéen.
« Pour cette 8e édition, nous essayons encore de grandir et d’aller plus loin », a-t-elle déclaré, insistant sur la volonté des organisateurs de donner une nouvelle dimension au festival.
Une édition marquée par une ouverture vers Paris

L’une des principales innovations de cette édition est l’organisation d’activités entre Conakry et Paris. Pour la première fois, le festival entend dépasser les frontières guinéennes afin de favoriser la mobilité des artistes, les collaborations internationales et la mise en réseau des professionnels de l’industrie musicale.
Contrairement aux éditions précédentes, qui privilégiaient notamment l’accueil de participants étrangers en Guinée, cette nouvelle formule prévoit également une présence guinéenne sur la scène culturelle parisienne.
L’objectif est de promouvoir le savoir-faire artistique national, de faciliter les rencontres professionnelles et de créer de nouvelles opportunités pour les acteurs du hip-hop guinéen.

La « Lassiry Business School » pour rapprocher culture et universités
Autre innovation annoncée : la mise en place d’un concept baptisé « Lassiry Business School ». Cette initiative vise à rapprocher les acteurs des cultures urbaines du monde universitaire, notamment les étudiants et les jeunes diplômés spécialisés dans le droit, le commerce et les métiers techniques.
Pour Aïssatou M’Baye Fall, l’industrie musicale ne se limite pas à la création artistique. Elle constitue également un secteur économique qui nécessite des compétences, une organisation professionnelle et des stratégies de développement.
« Un artiste, c’est une entreprise, c’est une marque déposée. Pour être structuré, on a besoin de l’intellect », a-t-elle expliqué.
À travers cette démarche, les organisateurs souhaitent encourager une meilleure structuration du secteur culturel et permettre aux artistes de bénéficier de compétences susceptibles de favoriser la commercialisation de leurs œuvres et la pérennisation de leurs activités.
Un grand concert attendu et des collaborations internationales
La programmation prévoit également un grand concert au terrain Petit Sory, avec une capacité d’accueil annoncée de 10 000 personnes. Cet événement devrait constituer l’un des temps forts de cette 8e édition.
Les organisateurs annoncent par ailleurs la production de quatre morceaux spécialement associés à cette édition, dont trois collaborations entre artistes, ainsi qu’un projet musical collectif réunissant les participants.
Cette démarche vise à encourager les échanges artistiques entre la Guinée, la France et le Canada, tout en favorisant la création d’œuvres communes.

La question de la rémunération des artistes et de la structuration des collaborations figure également parmi les préoccupations évoquées par les organisateurs, qui souhaitent mettre en place un cadre professionnel permettant aux artistes de tirer profit de leurs créations.
Un appel lancé aux artistes et au public
Dans son intervention, Aïssatou M’Baye Fall a lancé un appel aux artistes, notamment ceux qui évoluent en France, les invitant à saisir les opportunités offertes par cette ouverture internationale. Elle les encourage à présenter leurs créations, à rencontrer des producteurs, des managers et des tourneurs, et à développer leurs réseaux professionnels.
Elle a également invité le public à se mobiliser autour des activités programmées, soulignant l’intérêt croissant suscité par les cultures urbaines guinéennes auprès des publics étrangers.
À travers cette 8e édition, le Festival Lassiry Hip-Hop ambitionne ainsi de consolider sa place dans le paysage culturel guinéen, tout en contribuant à l’exportation du hip-hop national et à la professionnalisation de ses acteurs.
Entre mobilité artistique, formation, collaborations internationales et opportunités économiques, cette édition se veut un nouveau tremplin pour le rayonnement du hip-hop guinéen au-delà des frontières.
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