
Le Centre de formation en couture Saran Couture a procédé, ce dimanche 4 octobre 2026, à la remise de certificats d’artisan professionnel à 51 jeunes filles, lors d’une cérémonie organisée à Kofi-Annan.
Cette cérémonie marque une étape importante dans le parcours de ces jeunes bénéficiaires, qui ont suivi une année de formation professionnelle dans le domaine de la couture.
Prenant la parole, le coordinateur général de Saran Couture, M. Soumaoro Benjamin, a rappelé l’histoire et la vocation du centre, créé en 1993 à l’initiative d’une femme soucieuse de contribuer à l’autonomisation des femmes en Guinée.
« Aujourd’hui, nous sommes à la remise des diplômes des artisans professionnels. C’est la première promotion de la formation professionnelle de Saran Couture », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette nouvelle orientation vers la formation professionnelle est le fruit d’un engagement entamé en juin 2025 avec la direction du centre.
« Nous nous sommes engagés ensemble pendant une année et aujourd’hui, nous voyons les fruits de cet engagement. Nous avons décidé d’intégrer la formation professionnelle à Saran Couture », a indiqué le coordinateur général.
51 jeunes filles certifiées sur un effectif de 353
Saran Couture compte actuellement 353 jeunes filles au sein de son centre. Pour cette première promotion de la formation professionnelle, 51 apprenantes ont été certifiées.

La formation, d’une durée d’un an pour le niveau débutant, est organisée en trois niveaux : débutant, intermédiaire et avancé.
Le niveau avancé est notamment consacré à la haute couture, avec l’apprentissage de la confection des tenues de mariage, des vestes et des techniques de finition.
Le coordinateur général a également détaillé les différents coûts de formation : le programme annuel pour les débutantes est fixé à 200 000 francs guinéens par mois, avec 300 000 francs de frais d’inscription. Le niveau intermédiaire, d’une durée de six mois, coûte 300 000 francs par mois, tandis que le niveau avancé est proposé à 400 000 francs par mois.
Un appel en faveur du projet « Jeunes filles, avenir de demain »
Face aux difficultés économiques rencontrées par de nombreuses jeunes femmes, Saran Couture souhaite mettre en place le projet « Jeunes filles, avenir de demain », destiné à permettre aux jeunes filles passionnées de couture mais disposant de faibles moyens financiers d’accéder à une formation professionnelle.
« Nous avons essayé d’intégrer le projet Jeunes filles, avenir de demain, afin que les sponsors et les bailleurs puissent nous accompagner pour former les filles qui n’ont pas les moyens », a expliqué Soumaoro Benjamin.
Le responsable a par ailleurs lancé un appel aux autorités, aux institutions internationales et aux entreprises privées afin qu’elles renforcent leur soutien aux initiatives favorisant l’autonomisation économique des femmes.
Pas encore d’accompagnement financier de l’État
Interrogé sur l’accompagnement du ministère de la Culture, le coordinateur général a indiqué que plusieurs démarches avaient été entreprises auprès des autorités et des organisations internationales.
« Nous avons déposé énormément de courriers, notamment auprès des organisations internationales, du ministère de la Culture et de l’ONPA. Nous n’avons pas encore eu d’accompagnement financier », a-t-il regretté.
Il a toutefois souligné l’appui de l’ONPA, notamment à travers la délivrance des cartes d’artisans professionnels et des diplômes.
Pour Saran Couture, cette reconnaissance constitue une étape importante, puisqu’elle permet aux apprenantes de disposer de documents attestant leur qualification professionnelle.
« L’autonomisation des femmes à l’horizon Simandou 2040 »
Le thème de la cérémonie s’inscrit, selon les responsables du centre, dans une vision d’autonomisation économique des femmes à l’horizon Simandou 2040.
Soumaoro Benjamin appelle ainsi les autorités et les partenaires à investir davantage dans la formation des jeunes femmes.
« Si nous voulons une Guinée émergente et une population suffisamment stable, il est important d’investir dans les jeunes femmes », a-t-il déclaré.
Saran Couture souhaite également développer des partenariats avec les médias, les artistes, les promoteurs culturels, les créateurs de contenu et les entreprises.
« Saron Couture ouvre ses portes aux collaborations et aux partenariats. Chaque semaine, entre 40 et 50 tenues sont conçues au sein de notre centre. Si nous collaborons ensemble, il y aura énormément d’avantages », a-t-il ajouté.
Tenenke Keïta : « Je compte ouvrir mon propre atelier
Parmi les récipiendaires figure Tenenke Keïta, élève à Saran Couture. Très émue après la réception de son certificat, elle estime que les efforts consentis durant sa formation ont porté leurs fruits.
« Aujourd’hui, je me sens très heureuse et contente, parce que les efforts que j’ai fournis n’ont pas été vains », a-t-elle témoigné.
À son arrivée au centre, la jeune fille affirme ne posséder aucune connaissance particulière en couture.
« Au début, je ne connaissais rien. Ils m’ont initiée et aujourd’hui, j’ai récolté ce que j’ai appris », a-t-elle expliqué.
Son ambition est désormais de créer son propre atelier.
Elle a également adressé un message aux jeunes filles qui restent à la maison sans activité professionnelle : « Je veux sensibiliser toutes les jeunes filles qui restent à la maison, les bras croisés, à attendre quelque chose. Ce n’est pas la solution. Il faut se former et travailler. »
Cette cérémonie de remise de certificats constitue ainsi, pour Saran Couture, le début d’une nouvelle étape visant à renforcer la qualification professionnelle et l’autonomisation économique des jeunes femmes en Guinée.










